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Le food court de Hoeryong autorisé à fonctionner librement

17 Août

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C’est à Hoeryong, ville natale de la mère du dirigeant défunt Kim Jong-Il, qu’a ouvert en novembre 2010 un genre d’établissement assez inattendu en Corée du Nord : un food court (que le Québécois traduira par « aire de restauration »), à savoir une cafétéria avec divers points de vente reflétant divers types de cuisine. On en trouve dans tous les pays anglo-saxons, mais aussi en Asie de l’Est dans tous les centres commerciaux chinois ou japonais. Il s’agit d’un moyen de restauration populaire et rapide.

C’est pourquoi Kim Jong-Il, qui décida de doter son pays des « produits de haute qualité à des prix raisonnables », a fait créer ce restaurant en 2010[1].

Le restaurant avait dû fermer quelques mois après sa création en raison de problèmes financiers. Les gérants ne pouvaient rendre l’établissement rentable en raison des prix des aliments fixés par l’Etat, trop élevés.

Durant les premiers mois de fonctionnement, les prix étaient subventionnés par le gouvernement. Toutefois l’Etat a retiré ses aides et le restaurant a dû mettre la clef sous la porte.

Pour des nouilles froides (une spécialité coréenne), le prix était fixé à 1.000 wons (environ 0.80 €[2]), puis est passé à 4.000 won. Une bouteille de spiritueux peut s’acheter à 2.000 wons.

Le restaurant a pu rouvrir il y a quelques jours. Une source basée dans la province du Hamgyeong du Nord déclare à Radio Free Asia : « pour atteindre les objectifs du Nouveau Système de Management Economique, les officiels locaux du Parti des travailleurs a autorisé les propriétaires du restaurant de Hoeryong à fonctionner sur un mode autonome »[3].

L’établissement peut désormais lui-même fixer ses prix, en vertu du « Nouveau système de management économique » (New Economic Management System) introduit en 2012. Cette politique vise à abandonner la planification centralisée et la distribution des biens principaux par les pouvoirs publics, tout en maintenant l’accès gratuit à l’éducation et à la santé[4]. Il s’agit d’encourager la coopération entre les différentes forces de production du pays. Aucun objectif temporel n’a été fixé, pour éviter des phénomènes incontrôlables d’inflation excessive.

Ironie nord-coréenne, le food court libéralisé est situé dans la même ville que le camp de rétention n°22, l’un des principaux camps de prisonniers politiques du pays.


[1] http://www.kcna.co.jp/item/2010/201012/news04/20101204-16ee.html Communiqué de presse de l’agence de presse nord-coréenne, 04/12/2010

[2] Ceci ne saurait être pris pour argent comptant, le won nord-coréen n’étant quasiment pas échangé sur les marchés monétaires, est sujet à de très fortes poussées d’inflation et son taux étant fixé par le marché noir. Il s’agit d’une indication très approximative.

[3] http://www.rfa.org/english/news/korea/food-08162013171110.html Special North Korean Food Court Allowed to Operate Independently, rfa.org, 2013-08-16

Les deux Corées s’accordent pour rouvrir le complexe de Kaesong

17 Août

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Les gouvernements des deux Corées se sont accordés à la mi-août sur la réouverture du complexe industriel de Kaesong, situé au sud de la Corée du Nord.

Pyongyang a fait fermer le site industriel réunissant plus d’une centaine d’entreprises du Sud, avec 53.000 travailleurs du Nord et environ 800 techniciens sud-coréens[1]. Ouvert en 2004, le parc abrite diverses industries à bas coûts telles que le textile ou la fabrication de chaussures[2].

Il s’agit de l’une des formes d’ouverture économique de la Corée du Nord, à l’image des Zones économiques spéciales de la Chine continentale telles que Shenzhen. Celles-ci furent développées dans les années 1980 pour attirer du capital et des technologies étrangères, en l’échange de la main-d’œuvre à bas coût chinoise et de réductions fiscales. La Corée du Nord veut faire le même pari, en fournissant une main-d’œuvre docile encore moins chère que les travailleurs chinois.

Lors des tensions du premier semestre 2013 entre les deux Corées, ayant lieu en même temps que les premiers mois de pouvoir de Kim Jong-Un, l’élection de la nouvelle présidente sud-coréenne et les exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les Etats-Unis, le site a été l’objet de vives discussions.

De nombreuses tables rondes de négociations ont eu lieu entre avril et août 2013 en vue de la réouverture du site. Séoul a souhaité qu’une nouvelle fermeture du site soit évitable.

Le parc de Kaesong est situé à 10 kilomètres de la zone démilitarisée, à proximité de la ville de Kaesong, ancienne capitale de la Corée durant la dynastie Goryeo de 919 à 1392. Il s’agit de l’un des seuls symboles de la coopération entre les deux Corées.