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Comment on dit « Corée » en coréen?

20 Août

Les deux Corées, toujours en guerre depuis 1953, ne se disputent au moins pas sur un point : le nom de leur pays. En effet, le mot « Corée » et ses correspondances dans de nombreuses langues (Korea en anglais, Корея en russe et des mots similaires dans quasiment toutes les langues romanes, germaniques et slaves) n’est pas utilisé sur la péninsule coréenne. L’Etat coréen a eu différents noms au cours de son histoire.

Il faut d’abord préciser qu’en langue coréenne, les mots ont une écriture en hanja, c’est-à-dire en caractères chinois traditionnels (la Corée les employa tout au long de cette histoire), et en hangul, les caractères coréens reflétant la prononciation mais pas le sens. Ainsi Pyongyang s’écrit 平壤 en hanja et평양 en hangul.

North-Korea-flag« Le pays du matin calme » est la Corée du Nord

La République démocratique populaire de Corée se désigne조선민주주의인민공화국; Chosŏn Minjujuŭi Inmin KonghwagukChoson (조선) désigne la Corée.

Le mot Choson (hanja : 朝鮮 hangul : 조선) est le nom du royaume coréen depuis ses origines mythiques jusqu’en -109. Il s’agit aussi de la dynastie Joseon qui gouverna la Corée de 1392 à 1897. Il signifie littéralement « matin calme », d’où le surnom de la Corée.

South-Korea -flagLe pays « Han » pour la Corée du Sud

La République de Corée se nomme 대한민국, Daehan Minguk où Hanguk (한국) désigne la Corée.

Le mot « Han » (hanja : 韓, hangul : ) est  un mot signifiant « grand » ou « leader ». Le mot « Guk » (國, 국) signifie pays. Il n’a rien à voir avec le mot chinois « han » qui s’écrit 漢 ou 汉 et qui désigne l’ethnie majoritaire chinoise. En 1897, en réaction à l’impérialisme japonais, la Corée devient empire et choisit le mot Han pour se désigner. Le gouvernement en exil de Corée pendant la Seconde Guerre mondiale se nommera à partir du mot Han.

Et Corée ?

Il vient de « Goryeo », dont les écritures en hanja sont multiples et qui désigne le principal royaume coréen de -37 à 668, ainsi que le royaume ayant existé de 918 à 1392. Marco Polo mentionne la Corée d’un nom dérivé dans ses mémoires. Les langues d’Occident ont depuis repris et gardé ce terme.

Le Nord, Choson et le Sud Hanguk ne se disputent donc pas sur le monopole de leurs noms en coréens. En revanche, la bataille pour le mot « Korea » est évidemment âpre, chacune se revendiquant comme la seule et unique Corée.

Qu’est-ce que la Corée du Nord? 3- Géographie humaine

20 Août

La Corée est, à l’instar du Japon, un des pays les plus homogènes ethniquement du monde. On compte seulement un petit millier de Japonais venus à la fin de la guerre de Corée, 50 000 Chinois et une minorité vietnamienne. Les Coréens forment d’ailleurs une importante population des provinces chinoises frontalières. Au Sud, on compte 97,11% de Coréens ethniques[1]. Les étrangers sont essentiellement des Chinois (dont une partie de Coréens chinois), Américains, Vietnamiens et Japonais.

Un Nord montagneux

24 millions de personnes se répartissent essentiellement dans les plaines. Les provinces les plus peuplées sont celles des Pyongan du Nord et du Sud, de Pyongyang et du Hamgyong du Sud – c’est-à-dire l’ouest du pays, l’est étant montagneux.
En 1987, 59.6% de la population est urbaine ; contre 17.7% en 1953.

Le Sud urbain

Les 50 millions de Sud-Coréens sont très largement urbains. Séoul concentre 23.6% de la population nationale. Les provinces du sud-est qui comptent de nombreuses villes portuaires sont elles aussi très peuplées.

 

80 millions de Coréens

On compte environ 80 millions de Coréens dans le monde :

–          50M vivent en Corée du Sud

–          24M vivent en Corée du Nord

–          2,3M vivent en Chine, où ils forment l’une des 56 ethnicités reconnues par le gouvernement chinois. Ils habitent en majorité près de la frontière coréenne

–          2,1M vivent aux Etats-Unis

–          2,4M vivent ailleurs dans le monde, dont environ 14.000 en France (parmi lesquels la ministre déléguée Fleur Pellerin)

Les études génétiques menées sur les Coréens ont montré qu’il s’agit d’un peuple ayant une longue histoire d’endogamie le distinguant des peuples voisins[2]. La langue coréenne est considérée par les linguistes comme une langue isolée, rattachée à la famille altaïque incluant les langues turques, mongoles et japonaises (bien que celle-ci pose également des problèmes de définition).

Historiquement, les migrations au sein de la péninsule étaient rares. Les populations coréennes ont développé de forts régionalismes. C’est ainsi qu’une rivalité importante existe entre les régions du Honam (sud-est) et du Yeongnam (sud-ouest) en Corée du Sud, qui structure toujours les rapports sociaux et parfois les élections[3].


[2] http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00414-010-0501-1  Y chromosome homogeneity in the Korean population, International Journal of Legal Medicine, Volume 124, Issue 6, pp 653-657

[3] http://www.koreatimes.co.kr/www/news/opinon/2013/06/220_16389.html Andy Jackson, New Regionalism in Korea, The Korea Times 2007-12-30