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Des Coréens rentrent au Sud… après l’avoir fui

29 Oct

Il est aisé d’expliquer les motivations des milliers de Nord-Coréens qui, chaque année, tentent de traverser la frontière avec la Chine pour fuir la famine ou la répression politique (defectors

Il est plus difficile de comprendre les raisons pour lesquelles certaines personnes cherchent à entrer en Corée du Nord… pour y vivre.

C’est pourtant l’histoire que rapporte le New York Times. Six Sud-Coréens viennent de retourner au Sud, après être entrés au Nord à la recherche d’une « vie meilleure ».

L’attrait du Nord, really ?

Les six hommes sont entrés au Nord entre 2009 et 2012 via la Chine, d’après un officiel sud-coréen. Ils ont traversé la rivière Yalu qui fait office de frontière à la nage ou en marchant lorsque l’eau était gelée. Ils auraient cherché à échapper le Sud pour des problèmes familiaux et de famille.

Toutefois, ils auraient passé entre 14 et 45 mois à être interrogés par les services nord-coréens. Ils ont été ensuite assignés à résidence. La RPDC les a toutefois « pardonnés », d’on ne sait trop quoi, pour des raisons « humanitaires », et a magnanimement accepté de les renvoyer au Sud.

En plus des six hommes, une femme était à compter parmi les « réfugiés ». Elle était entrée avec son mari et était en détention avec lui au Nord. Elle est décédée, apparemment étranglée par son mari à la suite d’une « querelle », d’après les officiels nord-coréens. Les officiels du Sud parlent toutefois d’un commun accord sur un suicide, l’homme ayant échoué à se donner la mort.

Tout gagné

Après avoir enduré le système répressif nord-coréen, les six fuyards devraient toutefois être mis en examen par la Corée du Sud. Ils tombent en effet sous le coup de la loi sur la sécurité nationale, empêchant les citoyens sud-coréens d’entrer au Nord sans autorisation préalable.

Etonnament, ce n’est pas la première fois que des personnes cherchent à entrer de plein gré au Nord pour des raisons politiques. Ainsi, Choe Deok-Sin était un ministre des Affaires étrangères du Sud de 1961 à 1963, et est parti au Nord depuis les Etats-Unis car il s’était opposé au gouvernement militaire au sud. Aujourd’hui encore, on compte des étrangers avouant ouvertement leur soutien au régime du Nord. Toutefois, leur nombre n’est rien comparé aux milliers de personnes ayant fui le Nord depuis la Guerre de Corée

Un pécheur sud-coréen kidnappé en 1972 parvient à s’échapper

23 Août

Chun Wook-Pyo (Yonhap)

Chun Wook-pyo, un pécheur sud-coréen de 68 ans détenu en Corée du Nord depuis 41 ans, est parvenu à s’échapper ce mois-ci.

Le pécheur faisait partie d’un équipage de 25 personnes de deux chalutiers (Odaeyang 61 et 62) qui avaient été araisonnés par la Corée du Nord le 28 décembre 1971[1].

Une photographie de lui avait été révélée en 2005 par l’Assemblée des familles enlevées par la Corée du Nord[2], une association faisant du lobbying auprès du gouvernement sud-coréen pour libérer les personnes détenues au Nord.

Chun Wook-pyo a réussi à s’échapper en traversant la rivière Yalu au nord-ouest du pays. On sait pour l’instant peu de choses de son itinéraire, si ce n’est qu’il serait dan sun pays en développement. Les services diplomatiques souhaitent rester discrets sur sa localisation.

Il a écrit à la présidente de Corée du Sud Park Geun-hye pour l’informer de sa situation et demander son rapatriement en Corée du Sud. Il devrait rentrer chez lui d’ici la fin du mois.

Les transfuges nord-coréens

Depuis 1953, on estime le nombre de transfuges (les personnes s’étant échappés du Nord) à entre 100.000 et 300.000 personnes. Seuls 25.000 sont en Corée du Sud, la plupart restant en Chine ou en Russie.

No Kum-sok (Wikimedia Commons)

Le plus célèbre transfuge est No Kum-Sok, un lieutenant de l’aviation nord-coréenne qui s’est échappé avec son avion le 21 septembre 1953 et atterrissant en Corée du Sud. Son appareil n’avait heureusement pas été détecté car le radar américain était en maintenance. Devenu un ingénieur aéronautique aux Etats-Unis, il a aujourd’hui 81 ans.

Les transfuges souffrent de deux menaces. En Corée du Nord, l’Etat exerce des pressions sur les familles des transfuges, allant jusqu’à exécuter les proches. A l’étranger, et en particulier en Chine, ceux-ci sont victimes de trafic humain. 70% des Nord-Coréens échappés en Chine sont des femmes et arrivent sans le sou et désorientées[3]. La Chine renvoie désormais quasiment systématiquement les réfugiés en Corée du Nord[4]. Les personnes suspectées d’avoir aidé ces « migrants économiques illégaux » encourent de lourdes amendes et des peines de prison.

Traditionnellement, les personnes fuyant la Corée du Nord passaient par la Mandchourie chinoise, puis tentaient de regagner la Corée du Sud. Désormais, de nombreuses personnes passent par la Mongolie intérieure chinoise, très peu peuplée pour échapper aux forces de police, pour transiter par l’Asie du Sud-Est.

 


[1] http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2013/08/23/2013082301246.html “S. Korean escapes N. Korea 41 Years After Abduction” Chosun Ilbo, 23/08/2013

[2] http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00300&num=301 « The Government Must Protect Personal Security of Choi Sung Yong », Daily NK, 05/10/2005

[3] Haggard, Stephen (December 2006). The North Korean Refugee Crisis: Human Rights and International Response (PDF). U.S. Committee for Human Rights in North Korea.

[4] http://www.koreatimes.co.kr/www/news/nation/2012/02/116_105148.html Kim Young-jin “Repatriation of 24 NK defectors in China imminent”, Korea Times, 17/02/2012