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Un pécheur sud-coréen kidnappé en 1972 parvient à s’échapper

23 Août

Chun Wook-Pyo (Yonhap)

Chun Wook-pyo, un pécheur sud-coréen de 68 ans détenu en Corée du Nord depuis 41 ans, est parvenu à s’échapper ce mois-ci.

Le pécheur faisait partie d’un équipage de 25 personnes de deux chalutiers (Odaeyang 61 et 62) qui avaient été araisonnés par la Corée du Nord le 28 décembre 1971[1].

Une photographie de lui avait été révélée en 2005 par l’Assemblée des familles enlevées par la Corée du Nord[2], une association faisant du lobbying auprès du gouvernement sud-coréen pour libérer les personnes détenues au Nord.

Chun Wook-pyo a réussi à s’échapper en traversant la rivière Yalu au nord-ouest du pays. On sait pour l’instant peu de choses de son itinéraire, si ce n’est qu’il serait dan sun pays en développement. Les services diplomatiques souhaitent rester discrets sur sa localisation.

Il a écrit à la présidente de Corée du Sud Park Geun-hye pour l’informer de sa situation et demander son rapatriement en Corée du Sud. Il devrait rentrer chez lui d’ici la fin du mois.

Les transfuges nord-coréens

Depuis 1953, on estime le nombre de transfuges (les personnes s’étant échappés du Nord) à entre 100.000 et 300.000 personnes. Seuls 25.000 sont en Corée du Sud, la plupart restant en Chine ou en Russie.

No Kum-sok (Wikimedia Commons)

Le plus célèbre transfuge est No Kum-Sok, un lieutenant de l’aviation nord-coréenne qui s’est échappé avec son avion le 21 septembre 1953 et atterrissant en Corée du Sud. Son appareil n’avait heureusement pas été détecté car le radar américain était en maintenance. Devenu un ingénieur aéronautique aux Etats-Unis, il a aujourd’hui 81 ans.

Les transfuges souffrent de deux menaces. En Corée du Nord, l’Etat exerce des pressions sur les familles des transfuges, allant jusqu’à exécuter les proches. A l’étranger, et en particulier en Chine, ceux-ci sont victimes de trafic humain. 70% des Nord-Coréens échappés en Chine sont des femmes et arrivent sans le sou et désorientées[3]. La Chine renvoie désormais quasiment systématiquement les réfugiés en Corée du Nord[4]. Les personnes suspectées d’avoir aidé ces « migrants économiques illégaux » encourent de lourdes amendes et des peines de prison.

Traditionnellement, les personnes fuyant la Corée du Nord passaient par la Mandchourie chinoise, puis tentaient de regagner la Corée du Sud. Désormais, de nombreuses personnes passent par la Mongolie intérieure chinoise, très peu peuplée pour échapper aux forces de police, pour transiter par l’Asie du Sud-Est.

 


[1] http://english.chosun.com/site/data/html_dir/2013/08/23/2013082301246.html “S. Korean escapes N. Korea 41 Years After Abduction” Chosun Ilbo, 23/08/2013

[2] http://www.dailynk.com/english/read.php?cataId=nk00300&num=301 « The Government Must Protect Personal Security of Choi Sung Yong », Daily NK, 05/10/2005

[3] Haggard, Stephen (December 2006). The North Korean Refugee Crisis: Human Rights and International Response (PDF). U.S. Committee for Human Rights in North Korea.

[4] http://www.koreatimes.co.kr/www/news/nation/2012/02/116_105148.html Kim Young-jin “Repatriation of 24 NK defectors in China imminent”, Korea Times, 17/02/2012

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